Projet autour de l'IFTIC
Faire le pari d’une école professionnelle complète, qui rayonne régionalement, inscrite résolument dans la modernité.
Etat des lieux : un institut de 30 ans d’âge, qui accueille beaucoup d’étudiants étrangers et forme à beaucoup de métiers.
Avec plus de 300 étudiants cette année, l’Institut de Formation aux Techniques de l’Information et de la Communication enregistre une hausse importante de ses effectifs. A noter, le flux important d’Afrique centrale : ils sont 34 étudiants venus du Gabon, 7 du Tchad et, de façon isolée, 2 du Cameroun, 2 du Bénin et un du Burkina Faso, du Nigeria et du Mali.
Ecole de formation professionnelle et technique, au statut d’établissement public à caractère administratif, l’IFTIC a fêté ses trente ans en 2007. Plus de 700 agents des métiers de l’information et de la communication sont issus de l’établissement.
Depuis 1989, les objectifs qui lui sont assignés sont la formation initiale, le perfectionnement et le recyclage des personnels des organismes publics et privés. Ses activités couvrent le journalisme (presse écrite, radio/TV), les métiers technico-artistiques (prise de vue, prise de son, montage), la maintenance/exploitation du matériel audiovisuel et les sciences de l’information documentaire (documentation, archives).
Depuis 2002, l’établissement bénéficie à nouveau – après plus de dix ans d’interruption – de l’appui de l’Ambassade de France. En 2003 et 2004, un FSD lui a permis de rénover ses locaux et une partie de son matériel, encore renforcé fin 2007 en matériel de montage, de prise de vue et de graphisme. Le déploiement d’un AT, l’organisation de formations nombreuses, dans tous les domaines, confiées à l’association Contrechamps (partenaire de l’école depuis 2001), ont permis à l’IFTIC de se dynamiser. Près de 80 stages ont ainsi mis en situation réelle les étudiants en journalisme de presse écrite, de radio, de télévision, les photographes, cameramen, preneurs de son et monteurs.
Perspectives : poursuivre l’effort jusqu’aux nouvelles filières
En 2007, une convention a été signée avec l’Université Abdou Moumouni pour permettre la mise en œuvre de nouveaux diplômes inscrits dans le LMD et créés par arrêté ministériel en décembre 2005. Il s’agira notamment d’un master de documentaire de création, d’un master de journalisme scientifique, d’une licence professionnelle d’audiovisuel et d’un BTS de graphisme.
A cet égard, des partenariats sont actuellement recherchés avec d’autres établissements d’Afrique de l’Ouest. Ils permettront, à terme, de multiplier l’offre de formation régionale.
La mise à niveau en équipement doit être poursuivie, notamment dans le domaine de l’internet. De nouvelles salles sont nécessaires. Il faut poursuivre l’offre de stages de formation pratiques, au profit des étudiants de l’IFTIC mais, de plus en plus, à un niveau régional. Dans le paysage des écoles africaines, l’IFTIC peut tirer son épingle du jeu par l’enseignement du journalisme, ce qui implique des formations techniques mais aussi de contenu (culture, sciences, etc).
De même, en télévision, peut-être est-ce autour du documentaire ou de nouveaux métiers (Journaliste Reporter d’Images) que l’Institut peut développer une compétence particulière, profitant des ressources de Contrechamps dans ce domaine. A noter, le documentaire peut aussi entrer en synergie avec le journalisme scientifique, le jour venu.
Enfin, dans le domaine de la presse écrite, des atouts pédagogiques très intéressants ont été développés, sur la base de l’étude de lectorat réalisée en 2003. Tant la forme (graphisme, photo, illustration, écriture des articles) que le fond de l’ordinaire de la presse doivent être améliorés. Là encore, le Niger ne fait pas exception et cet enseignement vaut pour toute la région. La classe de graphisme devrait connaître un grand succès à cet égard.
Plus largement, le management, tout autant que la maintenance, à l’autre bout de la chaîne, doivent aussi devenir des préoccupations de l’école.
Pour résumer, les cursus doivent tous être revus, des partenariats doivent être recherchés avec des établissements français, de nouveaux diplômes doivent être créés, la mise à niveau des enseignants, dans le contexte numérique, est nécessaire également. Enfin, il faut rebâtir un établissement répondant aux exigences actuelles en termes de sécurité électrique (panneaux solaires), de poussière (huisseries étanches) et de nouvelles technologies (accès internet.)
Le projet se développe donc en deux axes : construire et finir d’équiper une école moderne et accompagner un processus de mise à niveau technologique et de diversification des filières, niveaux et modules pédagogiques.
Le contexte numérique :
En télévision :
L'intégration numérique récente a profondément bouleversé les métiers traditionnels de la télévision, notamment sur le plan technologique. En diminuant considérablement les coûts de production, le numérique facilite en outre la création audiovisuelle, qui s'en trouve stimulée. Parallèlement, le besoin d'images locales est démultiplié dans le contexte de démocratisation qui a conduit ces dernières années à l'ouverture de nombreuses télévisions privées, à l'image du Niger où trois nouvelles télévisions privées émettent depuis 2007, s'ajoutant à première télévision privée et aux deux chaînes de la télévision publique. Or, faute de mieux, les télévisions africaines diffusent trop souvent des productions venues d'ailleurs. Pour produire ces images, en nombre et à la qualité requise, le marché réclame de nouveaux professionnels, plus nombreux et adaptés à l'évolution technologique.
En presse écrite, radio, photographie, internet : les modes de fabrication de l’écrit et de l’image, comme du son, ont évolué radicalement eux-aussi. De nouveaux médias sont apparus. Des possibilités d’expression nouvelles, à bas prix, s’offrent aux médias africains dans tous ces champs. Il faut également former des ingénieurs en nouvelles technologies pour suivre les problématiques purement techniques (communication, téléphonie, internet, maintenance informatique).
Explosion des besoins de formation :
Les besoins de formation explosent. Les cadres d'accueil sont insuffisants. Les étudiants ou professionnels désirant acquérir ces compétences nouvelles doivent se tourner vers des solutions à l’étranger, coûteuses et de plus en plus inaccessibles, en raison des politiques de restriction de l'immigration.
Certains pays n'ont pas de centre de formation. D'autres, comme le Niger, se sont dotés d'une structure, l'IFTIC, il y a trente et un ans. Pour s’adapter aux nouveaux besoins du marché et s’inscrire dans la généralisation mondiale du système anglo-saxon LMD (licence, master, doctorate), l'Institut est engagé depuis deux ans dans la réforme de ses programmes. Malgré les efforts sensibles, notamment en équipement, accomplis ces dernières années, il reste des besoins non satisfaits. Il s’agira d’identifier les ressources humaines et de renforcer les capacités pédagogiques, à travers un processus de transfert de compétences irrigué par une expertise régionale et internationale.
Impacts :
- un centre de formation aux métiers de l'audiovisuel, qui rayonne déjà dans la région, poursuit son développement et se fait mieux connaître. A noter qu’il est le seul à enseigner la maintenance/exploitation.
- plusieurs enseignements sont enrichis :
Maintenance vidéo-numérique, production radio, presse écrite, photographie, prise de vue, prise de son, côté technique.
Production et journalisme, sous l’angle des contenus et des techniques (autonomie technique des journalistes).
Nouveaux médias (graphisme, web).
- des nouvelles filières sont créées :
Masters (journalisme, cinéma documentaire, management de la presse), diplôme d’ingénieur en nouvelles technologies, licences pro de graphisme, d’audiovisuel, de multimédia, de gestion de production audiovisuelle, de réalisation, bacs professionnels (audiovisuel et arts vivants).
- le centre puise ses ressources humaines dans le vivier de formateurs locaux renforcés par le projet, qui pourront contribuer de manière pérenne aux enseignements.
- les médias nigériens et régionaux bénéficient d'un personnel qualifié, formé localement, immédiatement opérationnel dans les conditions du marché, ce qui contribue par ailleurs à renouveler des agents vieillissants et rétifs aux évolutions techniques.
- le public peut consommer des produits de qualité réalisés localement par des professionnels de la place.
- les compétences de formation technique en audiovisuel s'organisent dans une meilleure synergie.
Activités :
- Rebâtir ou réhabiliter l’IFTIC avec l’équipement ad hoc : une salle multimédia, une documentation numérique, des box de montage audio numériques, un cyber, des salles de classe en nombre suffisant, une alimentation électrique renforcée par des panneaux solaires, l’isolation des salles (huisseries) à l’égard de la poussière et la protection contre les dégradations des termites.
- Elaborer la liste des nouvelles filières et élaborer un plan de formation des formateurs.
- Rechercher et mettre en œuvre des partenariats avec des filières « sœurs » aguerries dans les pays du Nord.
- Mettre en formation les formateurs. Identifier les autres ressources humaines nécessaires.
- Finaliser les nouvelles filières et les ouvrir au public.
- Accompagner ces filières dans un premier temps avec un apport extérieur en ressources humaines, sous la forme de modules intensifs.
- Rechercher des financements et des partenariats pour chaque formation.
- Jeter les bases d’une politique commerciale et de rationalisation de la gestion, après formation de l’administration de l’école et proposer des actions de formation continue sur le marché, selon la créativité et les besoins identifiés, tant au Niger qu’à l’étranger.
- Faire connaître l’IFTIC à l’étranger.
Méthodologie :
D’abord, le projet s'appuie sur un cadre déjà existant, connu et qui rayonne déjà dans la région, pour permettre la pérennisation du matériel, de la pédagogie et des formateurs. La méthode choisie est celle du transfert de compétences au profit des formateurs locaux.
La coopération entre l’IFTIC, qui vient de fêter ses 31 ans, et les deux associations Contrechamps France et Contrechamps Niger dure depuis 2001. Dans le cadre de ce partenariat, soutenu financièrement par plusieurs bailleurs de fonds (coopération suisse, coopération française, UNICEF, PNUD, Délégation de l'Union européenne, Comité nigérien d'organisation des Jeux de la Francophonie, OIF), des actions de formation sont entreprises depuis plusieurs années. Elles visent à renforcer l'IFTIC dans son équipement et ses capacités pédagogiques, dans toutes les filières enseignées, et à offrir aux étudiants et stagiaires professionnels l'accès à des savoir-faire pointus hors d'atteinte sur place.
L'IFTIC est rénové, réhabilité, équipé et dynamique dans son effort de modernisation des cursus. Les effectifs ont augmenté (30% l'année dernière) et de nouveaux étudiants étrangers viennent frapper aux portes. Au fil des années, plusieurs métiers ont bénéficié de cette coopération : prise de vue, prise de son, journalisme radio/TV, presse écrite, graphisme, photographie. Mais il reste des chantiers importants dans divers domaines. La perspective des nouvelles filières et le développement des médias privés ont ouvert récemment de nouveaux horizons.
A côté de la formation initiale, le projet doit développer des modules de formation continue pour les professionnels du Niger et des pays voisins, soit thématiques (médias et élections, et santé, et genre, et science…), soit techniques (prise de son numérique, montage numérique, création de blog), soit professionnels (gestion de production audiovisuelle, management des médias, écriture de documentaire).
Les modules et les filières de formation initiale seront conçus en harmonie avec une vision d’ensemble du secteur qui sera développée par la direction de l’établissement, selon un calendrier pluri-annuel.
