L'état des médias au Niger

La presse écrite

En 1991, l'ouverture du processus démocratique a pour conséquence immédiate la libéralisation du secteur des médias.

Les premiers à en profiter sont les journaux. Alors qu'il n'existait jusque là qu'un unique quotidien gouvernemental, Le Sahel, on assiste à la naissance de plus de trente titres, tous hebdomadaires ! Beaucoup n'auront qu'une existence éphémère, quelques-uns une parution chaotique et bien peu de ceux qui ont survécu connaissent aujourd'hui une parution régulière. Tous sont des journaux d'opinion, qui considèrent la politique comme le pôle d'intérêt majeur de leur lectorat. Les faits de société et les informations d'intérêt général n'y tiennent qu'une place minime.

Ces journaux ne sont distribués qu'à Niamey, faute de réseau de distribution fiable pour les titres. Notons que dans les pays voisins, la presse jouit d'une situation plus enviable. Mais au Niger, le développement des journaux de presse écrite est contrarié par 3 facteurs :

- Un faible taux d'alphabétisation, qui limite naturellement le nombre des lecteurs (la presse est en français).
- Un environnement économique très défavorable, caractérisé par des ressources limitées et, souvent, des carences en matière de gestion.
- Un manque de crédibilité, les journaux étant souvent assimilé à une mouvance politique et les journalistes étant accusés, par l'opinion, d'être corrompus.

Actuellement, les tirages les plus élevés culminent à 2500 exemplaires (par semaine). Mais l'expérience du premier hebdomadaire privé, Haské, lancé en 1990, tendrait à prouver que ce n'est pas une fatalité : il tirait à 12 000 exemplaires.

 

• La radio

C'est le média de proximité par excellence.

La radio nationale, La Voix du Sahel, couvre pratiquement l'ensemble du territoire.

Une première radio privée a commencé à émettre en 1994. Depuis, une petite dizaine d'antennes privées se sont imposées sur la bande FM depuis Niamey, la capitale.
Certaines ont commencé à s'implanter dans les centres régionaux.

Trois grands atouts favorisent le développement des radios :
- Elles permettent d'atteindre les Nigériens où qu'ils soient.
- Contrairement aux journaux de presse écrite, toutes les chaînes de radio proposent des émissions et des journaux en langues vernaculaires. - L'analphabétisme n'est pas un obstacle à la diffusion.
- La radio est gratuite.

Si l'essentiel de la programmation est musical, l'existence de plages d'information est un enjeu pour l'audience. Toutes les antennes ont été obligées, dès l'origine, de diffuser de l'information pour faire face à la concurrence. Les bulletins d’information sont extrêmement suivis du public.

• Les radios communaitaires

(à développer)

• La télévision

A l'origine, c'était une télévision scolaire qui avait pour ambition l'éducation des Nigériens. Elle couvrait 90 % du territoire.

Depuis 1988, elle est devenue télévision d'Etat. Elle émet tous les jours. Faute de grands moyens, elle produit peu, l'essentiel des programmes étant constitué de rediffusions puisées à l'étranger.

Début 2000, une télévision privée, RTT, a commencé à émettre, à Niamey. Très dynamique dans ses programmes et dans l'information, son ton nouveau lui a permis de conquérir rapidement son audience.

Trois nouvelles télévisions privées sont apparues il y a deux ans. Au total, deux des quatre télévisions émettent à l’intérieur du pays.

Selon l’enquête d’audimat commandée il y a un an par CFI et RFI, la radio recule au profit de la télévision et Dounia, l’une des télévisions privées, devance Télé Sahel à Niamey. Sur la télévision publique, les avis et communiqués sont la rubrique la plus suivie.

• En conclusion

Aux médias d'Etat, dont la pratique journalistique est soumise aux diktats du pouvoir, a succédé une presse très dynamique mais qui, pour l'instant, manque de crédibilité et de ressources financières.

Très polémique, la presse écrite reste aussi très critiquée. Pour sa part, la radio apparaît comme un média de proximité et de masse, tandis que la télévision reste un diffuseur de programmes étrangers.

La liberté de la presse a été le fruit de la démocratisation du pays. Expression du pluralisme, elle participe aujourd'hui à sa consolidation.

Aider à construire une information de qualité c'est participer au renforcement de la démocratie.